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IGP, Biosphère et Collectivités Locales, Enjeux et perspectives pour un développement durable : cas du Café Ziama-Macenta
Mory Haba  1@  
1 : Institut de Recherche Agronomique de Guinée  (IRAG)
Institut de Recherche Agronomique de Guinée

Le Café Ziama-Macenta, première ‘'Indication Géographique Protégée'' (IGP) de la Guinée, mais aussi de l'Afrique de l'Ouest enregistrée par l'OAPI[1], peine encore à être un véritable levier de développement dans un territoire où Collectivités Locales, Institutions de protection de l'Environnement (pour la Réserve de Biosphère du Ziama) et l'ADECAM[2], à travers ses deux coopératives (Woko et Diani), se côtoient sans véritablement tirer profit des opportunités qu'offrent les uns et les autres pour assurer un développement durable de la région. Ce manque à gagner de l'ADECAM est certainement dû à plusieurs facteurs dont entre autres : une faible implication des collectivités locales et administratives dans la promotion de l'IGP, une non prise en compte de la production du café Ziama comme un élément de conservation de la biodiversité par les conservateurs de la nature, ce qui se traduit généralement par un faible taux de collecte de café (20 à 40 t/an) par les coopératives par rapport au potentiel réel (6000 t/an).

Située au sud-est de la Guinée, dans la région naturelle de la Guinée Forestière, la forêt du Ziama a été érigée en forêt classée en 1942 par l'administration coloniale française ; elle est devenue en 1981 une réserve de biosphère (RBZ) reconnue par l'UNESCO. Le Massif forestier du Ziama est l'une des dernières reliques de Forêts dense humide de la sous-région ouest-africaine avec une superficie de 120 000 ha. Elle constitue aujourd'hui un centre d'intérêt de plusieurs Institutions internationales de protection de l'Environnement (Fauna & Flora International, UICN, etc.) qui interviennent dans certaines activités de développement local en faveur des communautés compte tenu de sa richesse spécifique en faunes et flores, mais aussi de la fragilité de cet écosystème.

Les communautés riveraines de ce massif forestier sont généralement des agriculteurs à faible revenu pratiquant une agriculture de subsistance (riz, banane, manioc, etc.) et de rente (café, cacao, palmier à huile, cola). Ces communautés riveraines sont reparties dans sept (7) Communes Rurales et la Commune Urbaine de Macenta, qui sont sous l'influence directe de la forêt du Ziama et qui constituent le territoire délimité de l'IGP du Café Ziama-Macenta. En effet, ces Collectivités Locales sont gérées par des Maires et des Sous-préfets qui ont aussi pour mandat de coordonner les activités de développement socio-économique de leurs localités respectives en se basant sur des avantages comparatifs devant figurer dans leurs Plans Locaux de Développement (PLD).

Dans un tel contexte, l'IGP Café Ziama-Macenta ne saurait se développer sans une prise en compte des préoccupations des principaux acteurs se partageant et intervenant dans ce territoire. L'IGP café Ziama-Macenta doit également avoir une place privilégiée dans les Plans Locaux de Développement des communes rurales. La conservation in situ de la biosphère du Ziama se devra de prendre en compte celle ex situ de cette biodiversité à travers les pratiques culturales du café Ziama-Macenta qui se font dans des systèmes agroforestiers riches et complexes.


[1] Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle.

[2] Association de Défense du Café Ziama-Macenta.


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