Actes de la Conférence > Contributions par auteur > Touzard Jean-Marc

Les indications géographiques face au changement climatique : No future ou new morning ? Enseignements des recherches sur les vignobles français.
Jean-Marc Touzard  1@  
1 : Innovation et Développement dans lÁgriculture et lÁlimentation  (UMR Innovation)  -  Site web
Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement : UMR85-2007, Institut National de Recherche pour l’Agriculture, l’Alimentation et l’Environnement : UMR0951, Institut Agro Montpellier
A lÍNRA : Campus La Gaillarde – 2 place Viala – Bat 27 - 34060 Montpellier Cedex 02Au CIRAD : Campus Lavalette – TA-85/15 – 73, rue J.F. Breton - 34398 Montpellier Cedex 5A lÍRC : 1101, avenue Agropolis - BP 5098 - 34093 MONTPELLIER Cedex 05 -  France

Parce qu'il remet en cause la possibilité de relations durables entre les caractéristiques d'un produit agricoles et ses conditions locales de production, le changement climatique apparaît aujourd'hui comme la principale menace qui pèse sur les produits d'origine et les indications géographiques. Les produits sous IG sont-ils voués à disparaitre du fait du bouleversement climatique, ou bien peuvent-ils continuer à offrir des perspectives pour les systèmes alimentaires ? La communication propose une synthèse des impacts du changement climatique sur les IG et une exploration des voies et conditions de leur adaptation possible. Elle s'appuie pour cela : i) sur la formalisation d'un modèle économique des produits agricoles sous IG, permettant d'organiser le questionnement sur leur durabilité dans le contexte du changement climatique (Belleti et al. 2017) et ii) sur l'exemple du vin, une production au fondement historique des indications géographiques, et dont l'analyse des conditions d'adaptation au changement climatique vient de faire l'objet d'un vaste programme de recherche, LACCAVE.

1) La communication fait d'abord un point sur le modèle économique des produits d'origine, dont l'IG vient signaler/garantir la qualité, en détaillant les conditions de sa viabilité économique : reconnaissance par les consommateurs ; redistribution de la rente de qualité au sein de la filière pour assurer la rémunération des entreprises, le financement d'actions de garantie/promotion, la préservation des ressources territoriales ; développement d'institutions et d'une gouvernance permettant la coordination de ces actions.

2) Un bilan est alors proposé sur les impacts du changement climatique pour les IG, en montrant à partir de l'exemple viticole comment celui-ci modifie les qualités des produits, leurs variabilités et leurs liens aux territoires, mais affecte aussi le risque et la rentabilité des entreprises, remet en cause l'image des produits ou des activités associées, ouvre la possibilité de nouvelles localisations et change les conditions de concurrence...

3) Une synthèse est ensuite proposée sur les stratégies d'adaptation qui combinent des innovations techniques (nouvelles variétés, modification des pratiques agronomiques ou de transformation), des innovations organisationnelles (assurance, révision de cahiers des charges...) et la réorganisation des productions dans l'espace, pouvant aller jusqu'à la création de nouveaux vignobles « ex nihilo ». Les stratégies d'adaptation apparaissent alors souvent menacer les IG.

4) La dernière partie montre que si le changement climatique place les produits sous IG dans des situations très contraintes (impasse à la fois de stratégies conservatrices et de stratégies d'adaptation par artificialisation des systèmes), une autre voie est possible : celle-ci s'appuie sur l'importance du niveau local pour gouverner l'adaptation au changement climatique, mais elle suppose une série de conditions : un réchauffement climatique atténué ; une définition « procédurale » et non « conservatrice » des IG ; l'intégration de l'atténuation dans le cahier des charges ; le renforcement de collaborations de R&D ; le développement d'une nouvelle ingénierie des produits d'origine.


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