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Défis de la délimitation territoriale dans l'enregistrement de l'Indication Géographique : le cas de la farine de manioc Copioba
Nina Paloma Neves Calmon Siqueira Branco  1, *@  , Lara Conceição Campos Pena  2, *@  , Alcides Dos Santos Caldas  2, *@  , Ryzia De Cassia Vieira Cardoso  2, *@  
1 : Centre population et développement  (CEPED - UMR_D 196)  -  Site web
Institut de Recherche pour le Développement, Université de Paris : UMR_D 196
45 rue des Saints-Pères75006 Paris -  France
2 : Université Fédérale de Bahia  (UFBA)
rua Augusto Viana, s/n- Palacio da reitoria, canela, SalvadorCEP: 40110-909 -  Brésil
* : Auteur correspondant

Le nom géographique ou gentilé d'une indication de provenance (IP), au Brésil, ne doit pas nécessairement avoir la délimitation territoriale exacte attachée au nom, mais il est nécessaire qu'il représente la zone géographique connue comme centre d'extraction, de production ou de fabrication d'un certain produit ou service. Par conséquent, la délimitation territoriale de l'enregistrement d'une indication géographique (IG) doit être effectuée très soigneusement afin de ne pas exclure des régions et des producteurs. Ainsi, cette recherche vise à présenter quelques défis de la délimitation territoriale d'une IG, en considérant l'étude de cas du projet de l'IG de la farine de manioc Copioba, à Bahia, Brésil. La mobilisation pour l'enregistrement de cette IG est un effort conjoint des producteurs initié à partir d'une recherche-action coordonnée par l'Université de Bahia et des partenaires, toujours en cours. Cet article est une recherche ethnographique, menée sur la base d'entretiens, auprès de producteurs de farine de manioc de la vallée de Copioba, en 2019, lors de réunions de sensibilisation à la demande d'enregistrement de l'IG pour leur produit. Les discours ont été transcrits et ensuite analysés, sur la base de la comparaison des discours des producteurs, qui divergeaient sur la zone géographique de la délimitation territoriale de l'IG. Le principal défi identifié dans cette discussion était la diffusion historique du savoir-faire traditionnel de la farine, au-delà de son territoire d'origine. Le nom géographique du produit, "Copioba", est directement associé à la vallée de la rivière Copioba, située à Bahia. Le lieu est désigné par la littérature et par les producteurs eux-mêmes comme le territoire d'origine de cette fameuse farine de manioc. Cependant, en ce qui concerne la délimitation du territoire de l'IG, les producteurs sont divisés : ceux qui sont en faveur d'une délimitation uniquement pour les trois (3) municipalités d'origine qui composent la vallée de Copioba - Maragogipe, Nazaré et São Felipe - défendent la valorisation de la tradition historique de production ; et ceux qui sont en faveur d'une extension de la délimitation, qui font valoir que certaines municipalités voisines ont des producteurs de farine Copioba et peuvent renforcer le processus collectif de demande d'enregistrement de l'IG. Outre l'avis des deux parties, L'Entreprise brésilienne de recherche agronomique (EMBRAPA), partenaire du projet, a publié en 2016 une étude dans laquelle elle atteste que la farine Copioba est produite dans 26 municipalités de l'État. Cette conclusion n'est pas pleinement reconnue par les producteurs des deux côtés, mais a été utilisée comme argument pour l'admission de six (6) autres municipalités en 2020. Malgré l'élargissement de la délimitation territoriale au-delà des municipalités initiales, on estime que ce débat n'est pas encore finalisé, car l'IG implique des conflits de pouvoir et d'intérêts, ainsi que des conflits entre les municipalités du territoire. Il est conclu que la délimitation maintenant établie entraînera encore de nouvelles discussions et de nouveaux développements, puisque les raisons du désaccord initial entre les producteurs n'ont pas encore été résolues.


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